Il n’y a pas de hack dans la vrai vie

✏️ Écrit le - 2 min de lecture

J’ai récemment écouté interview de Jason Fried dans le podcast Recode Decode (fondateur de Basecamp et auteur de quelques livres que j’ai dévoré) il énonce une affirmation qui m’a fait tiquer :

There’s no such thing as a hack. […] There are no shortcuts. […] If you make things hard on yourself then you have to look for shortcuts. If you just do the simple thing and don’t get carried away, everything’s kind of shortcutty in that sense.

Personnellement, je suis assez peu à l’aise avec tout ce que l’on appèle les hacks (que ce soit les life-hacks, le growth hacking …). Pour autant, je n’avais jamais vraiment réfléchi de façon concrète au sujet.

J’aime beaucoup la vision de Jason Fried qui consiste à penser que travailler de façon itérative et qualifiée est un meilleur moyen d’arriver loin, et que viser rapidement un objectif trop haut pousse à vouloir tout bousculer l’atteindre, quitte à (se) construire sur des bases un peu vaseuses.

Peu de temps après, j’ai écouté un épisode d’Akimbo, le podcast de Seth Godin, où ce même sujet est abordé.

Lui aussi rejette l’idée de hack en opposition justement aux “vrais” raccourcis. Il considère qu’un raccourci n’est pas forcément facile, mais possède 4 spécificités que les hack n’ont pas :

  • répétable, afin de construire quelque choses de viable ;
  • bienfaisant, dans le sens où il ne blesse ni les personnes, ni la culture ;
  • additionnable, c’est à dire qu’à chaque fois que l’on l’utilise, on progresse ;
  • pouvant survivre à la foule, ne pas rester secret.

Ce dernier point est important et découle presque des 3 autres.

Si l’on est capable d’identifier un raccourci efficace, il n’y a pas à en avoir honte. Pour savoir si l’on est en train de mettre en place un hack ou un vrai raccourci, on peut se poser la question : “Si mes utilisateur·ice·s ou mes client·e·s étaient au courant, continueraient ils·elles à me faire confiance ?”

Les hacks sont issus du monde du développement, mais j’ai parfois le sentiment qu’avec la gentrification de la culture Geek, on oublie qu’ils sont étymologiquement des rustines, du travail d’amateur que l’on peut ponctuellement mettre en place, mais sur lesquels il n’est pas pérenne de construire un business, un mode de vie, …